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Le mordant parfum des plantes aromatiques dont l’île est
couverte emplissait l'air, semblait l'alourdir, le rendre palpable; et la route
allait, s'élevant lentement, au milieu des grands replies des monts escarpés.
Quelquefois, sur les pentes rapides, j'apercevais quelque
chose de gris, comme un amas de pierres tombées du sommet. C'était un village,
un petit village de granit, accrochée la, cramponné, comme un vrai nid
d'oiseau, presque invisible sur l'immense montagne.
Au loin, des forêts des châtaigniers énorme semblaient des buissons, tant les vagues de la terre soulevée sont géantes en ce
pays; et les maquis, formés de chênes verts, des genévriers, d'arbousiers, des
lentisques, d'alaternes, de bruyères, de lauriers-thyms, de myrtes et de buis, que relient
entre eux, les mêlant comme des cheveux, les clématites enlaçantes, les
fougères monstrueuses, les chèvrefeuilles, les cystes, les romarins, les
lavandes, les ronces mettaient sur le dos des côtes dont j'approchait une
inextricable toison.
Et toujours, au-dessus de cette verdure rampante, les granits
des hautes cimes, gris, roses ou bleuâtres, ont l'air de s’élancer jusqu'au
ciel.
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